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Accomoder les restes

Comme en cuisine, il faut bien faire quelque chose de ces fins d'ouvrages, pelotes orphelines, parfois tout petits pelotons qui traînent au fond d'une boite. Depuis longtemps, j'ai la même stratégie : entasser, et grouper, par types de fils, et/ou par gammes de couleurs. Par le passé, je cherchais, une fois que j'avais amassé une masse suffisante de matériel à peu près cohérent, ce que je pourrais bien en faire. Maintenant, c'est presque l'inverse : j'ai une idée, et pour la réaliser, il me faut justement cet amoncellement improbable. Comme s'il avait interpellé ma conscience pour faire naître une idée...

L'avant dernier week-end il fallait absolument que je fasse ça. J'avais trouvé mon idée, mon point, et rassemblé tous les restes de fils nécessaires, même ceux qui n'étaient pas bien rangés. Très curieusement, je me souvenais très bien que j'avais aussi quelque part telle ou telle matière dans tel coloris, qui fonctionnait en cohérence avec l'ensemble, et j'ai fini par tout retrouver. Ensuite, j'ai tout posé en vrac dans une serviette, et j'ai éliminé les quelques fils ce qui n'allaient pas avec le reste. Il ne me restait plus qu'à m'amuser avec mon crochet, en piochant presque au hasard dans le tas de pelotons.

RayuresMulticolores

RayuresMulticolores2

Restes de coton, viscose, acrylique, bambou, travaillés avec un crochet 3,5 mm et bloqués en (presque) rectangle.

Il reste encore un peu de travail pour que l'ouvrage soit terminé. Qui sait déjà ce que ce sera ?

Le premier Lune Rouge est... bleu

Penny habite en Floride, et déjà, ça fait rêver ;-) Pas étonnant qu'elle ait choisi de réaliser son "Lune Rouge" en... bleu, un bleu de mer du Sud, qui va très bien au châle... et à Penny.

Penny lives in Florida, and already, it is a dream ;-) No wonder she chose to do his "Lune Rouge" (Red Moon) by ... blue, blue as a sea of the South, which suits very well the shawl ... and Penny.

Thank you Penny for crocheting my pattern, and let us know you like it.





Modèle : [Lune Rouge] by Penny, on [Ravelry], on Flickr
Fil : Patons Beehive Baby Sport - Nylon & Acrylique - 3 pelotes / 985 m

Le châle de Penny comporte 10 rangs de grille de plus que le modèle original.

Le modèle est disponible chez Annette Petavy Design.

Couleurs mode

Les professionnels de la mode s'intéressent aux tendances couleur très en avance, pour avoir le temps de préparer leurs collections en conséquence.

Les 10 couleurs que vous porterez (peut-être ;-) cet hiver sont ainsi connues depuis février 2010. Vous pouvez les trouver plus en détail sur MaxiTendance. De son côté, Caroline Daily vous en montre 8, illustrées par des photos de défilés qui permettent de mieux visualiser ce que ça donne une fois converti en vêtements.



Je sais déjà toutes celles que je ne porterai pas (l'endive me donne un teint du même nom, même pas la peine d'essayer, et le vert n'est guère mieux). Mais je suis ravie de voir du rouge vif, du violet, du gris, du noir, qui sont toujours dans ma penderie - et dans mon stock de fils - même quand ce n'est pas la mode, et très contente de voir le retour du bleu lagon : c'est gai et gourmand, parfait pour égayer les couleurs sombre de l'hiver, avec, pourquoi pas, une touche de jaune doré.

Souvenir de vacances : petit budget, bel effet.

Saint-Cirq-Lapopie est historiquement un village de tourneurs sur bois. Il n'en reste plus beaucoup, deux seulement.

L'un fait des objets traditionnels que nous connaissons tous, le pilon et son mortier, la cuiller à miel, les couvert à salade, les coquetiers, saladiers et pieds de lampe dont nous avons toutes eu, chez nous, nos mères ou nos grand-mères, quelques exemples caractéristiques.

L'autre atelier est animé par deux jeunes créateurs, qui malheureusement sont trop originaux pour vendre dans un village touristique dont chaque maison ancienne a été transformée en échoppe "d'artisanat". Ils faisaient donc leur dernière saison à Saint-Cirq. Dommage. La forme des plats est originale, les coquetiers improbables et splendides, les petites toupies parfaitement ludiques, et les bibelots plus jolis les uns que les autres. Comme je n'ai plus de place pour rien dans mon appartement, et que ça prendra encore du temps d'en changer ou de déstocker suffisamment, je me suis contentée d'une petite pique en buis, en principe prévue pour les cheveux, mais qui sera très bien sur les châles. Mieux que mes essais en pâte fimo, non ?

PiqueChaleBuis

Souvenir de vacances : une nouvelle addiction ?

A Cajarc, où habite ma mère, trois "perleuses" exposaient cet été à l'espace créateurs : CricriPassion, Coco la bijoutisse, et Cric. Sous ces trois pseudos rococos se cachent des perleuses de talents, dont la gagnante du concours Swaroswski de cette année.

Je me suis retenue d'acheter un collier... parce qu'au fond de mes étagères, près de la boite à couture, il y a ma boite de perles... De l'époque où je faisais des colliers, assortis aux foulards de soie que peignait ma mère, et qu'on vendait ensemble, il me reste encore quelques boites de rocailles, et un assortiment disparate de perles diverses, pour la plupart issues de colliers démontés parce que plus portés, ou parce que certaines perles, pour avoir été justement trop portées, s'étaient usées...

A l'époque, point d'Internet. J'inventais mes techniques en regardant d'autres bijoux, et mes modèles en m'inspirant des perles que je trouvais en fouillant les boutiques spécialisées, où j'ai du passer autant d'heures que dans celles de laine.

Je faisais de la peyote circulaire sans savoir que ça s'appelait comme ça : j'avais simplement cherché comment reproduire le principe d'un collier que ma grand-mère m'avait rapporté d'un voyage en Afrique du Nord, et qui devait d'ailleurs plutôt être réalisé en... crochet, oui oui, les perles se crochètent aussi.

Ces derniers jours, j'ai écumé les blogs et sites spécialisés, intriguée notamment par quelques motifs vus chez les perleuses ci-dessus citées, et j'ai découvert un nouvel abîme de perdition... Des dizaines de sites où trouver des techniques, des modèles et des tutos, des centaines de blogs de perleuses talentueuses, des sites de perles à vous exploser les mirettes, bref mille tentations auxquelles je ne sais si je saurai résister...

J'ai déjà testé un petit modèle, que je vous montrerai quand il sera fini. Pour le moment, interdiction de mettre les pieds ou la souris dans une boutique de perles, obligation de n'utiliser que mon stock, pour vérifier si j'ai encore la patience, l'envie et des idées pour faire des colliers.

Pas sûr, pas sûr du tout que je parvienne à faire des choses aussi intéressantes que celles qui s'affichent sur les blogs des passionnées qui y consacrent du temps. Si vous voulez un petit échantillon vous pouvez aller jeter un oeil sur le flux "perleuses" de mon lecteur de RSS, que j'ai mis en partage public comme celui des tricoteuses et crocheteuses. J'ai fait une sélection drastique, pour ne pas me laisser entraîner trop loin dans la contemplation de merveilles, qui à la fois me tentent et me disent que je suis loin d'avoir le niveau pour créer des bijoux aussi beaux. Mais bon, peut-être me contenterai-je de quelques idées intéressantes pour liquider enfin mon stock de perles... et revenir au fil ;-)

Mes sacs enfin doublés

J'avais l'impression de ne rien publier en ce moment, et donc de ne rien faire. Alors j'ai eu la curiosité d'aller jeter un oeil à ma liste de "wip", "en cours" en bon français, et j'ai soudain été prise d'une frénésie d'achèvement de projets, pour libérer ma tête et mes sacs à ouvrage, qui débordent dans toute la maison.

Le week-end dernier, je me suis attaquée à la doublure de sacs. Un truc qui chez moi peut prendre un certain temps... Par exemple, qui se souvient quand j'ai crocheté ce sac ?

Sac Free Crochet

Hum, j'ai fouillé mes archives de blog pour le retrouver... et je suis moi même surprise de constater qu'il date de septembre... 2008 ! J'écrivais à l'époque "quand j'aurai eu le courage de lui faire sa doublure"... ben voilà, 2 ans après, je l'ai ressorti de son placard, où il attendait sagement (mais ça me minait quand même le moral chaque fois que je retombais dessus en cherchant autre chose dans ledit placard), et je lui ai mis du lin à l'intérieur.

SacScrambleDouble

Comme pour tous mes sacs, il a des pochettes intérieures de rangement, 6 au total : j'en mets tout autour du sac. Pratique pour glisser son étui à lunettes, son mobile, ses mouchoirs, un paquet de cigarette, bref, tout ce qui se balade toujours au fond des sacs et qu'on n'arrive jamais à retrouver quand on en a besoin. Il a aussi ses deux anneaux de tissus, de chaque côté du sac, auxquels j'accroche en principe le mousqueton qui me sert de porte clef d'un côté, et le cordon tour de cou de mon mobile de l'autre.

Bon, mais doubler un sac rectangulaire, c'est assez simple...

Il me restait "la quadrature du cercle", le bien nommé. Mon fameux scramble gris et blanc cassé, que vous avez pu voir en construction, puis terminé et bloqué, du moins pour la partie "rectangle d'étoffe". Nous en étions donc restés là, ce qui convenons-en est encore assez loin de faire un sac :

sac - scramble terminé - bloqué

Pour le montage, pas trop de souci : je savais depuis le départ comment je voulais l'assembler, ayant longuement étudié, avant même de commencer mon scramble, différentes techniques de "pliage" utilisées par les japonais, qui font toujours des sacs ravissants avec des formes de base d'une simplicité biblique. Et ma foi, ça marche plutôt bien :

SacQuadratureDuCercle

Rien de très compliqué à faire, tant qu'on reste dans l'assemblage au crochet. Pour l'anse, j'ai piqué une très bonne idée à Alice (une fille encore plus maniaque que moi qui peut passer un mois et plus sur le même modèle, à tester et refaire jusqu'à trouver la solution qui lui convient pour une doublure de sac, ou, en ce moment, un t-shirt au crochet) : glisser une drisse dans l'anse, qui n'est pas crochetée en rond, mais à plat, puis pliée et cousue autour de la cordelette. C'est nickel. Pour la fermeture, pas trop de souci non plus, un de mes petits délires en pâte fimo, qui attendait sagement dans un petit bocal, a trouvé - discrètement - sa place :

SacQuadratureDuCercle_d

Là où ça se corse, c'est pour assembler la doublure au sac : dès qu'on a une partie froncée, c'est la galère ! J'ai tenté la piqûre machine, mais c'est un désastre, même avec un fil de fronce et un bâti en bonne et due forme ! (je vous ai cependant mis des objets dans les petites pochettes pour qu'on les voie mieux, lui il en a 8 en bas parce qu'il est plus grand, plus 2 petites en haut pour les tickets de bus et les badges du boulot, et toujours les deux anneaux de tissus pour les clefs et le mobile)

SacQuadratureDuCercle_i1

J'en aurais pleuré ! J'ai préféré insulter la machine à coudre (qui ne se formalise plus guère, vu tous les noms d'oiseaux qu'elle a entendus depuis qu'elle habite chez moi), laisser le truc en plan, et tout redéfaire le lendemain pour faire un montage à la main. C'est mieux. Mais le tissus est épais, et les coutures machine ont laissé des traces... Plus qu'à trouver un joli galon pour cacher ces vilaines traces que je ne saurais voir, et ça sera à la fois pratique ET présentable. A moins que je ne démonte encore tout pour faire ma doublure en taffetas, j'aime bien aussi le taffetas... Faut voir...

SacQuadratureDuCercle_i2

Et voilà deux "FO" (ou quasi) qui vont désencombrer mes corbeilles et ma tête. Ils vous plaisent ?

Des nouvelles du petit gilet en lin bleu

Certaines d'entre vous ont vu ses débuts sur la Prairie des Filtres, et puis pfiout, plus rien, le silence de mort, comme s'il avait été oublié au fond d'un vieux sac à ouvrage. Il n'en est rien : je l'ai terminé avant de partir en vacances, où je l'ai porté avec plaisir. Un seul problème : les photos étaient noyées dans la myriade de prises de vues de Dino, il fallait donc les exhumer. Voilà qui est chose faite.

Bon, encore un bleu impossible à rendre en photo, même avec un bon appareil (et suis pas douée pour refaire la balance des couleurs et toute cette sorte de choses avec des logiciels aux noms aussi barbares que leurs fonctionnalités). La couleur était plutôt plus juste sur la Prairie, c'est un bleu vert, mais qui peut se porter avec des bleus durs, dont il semble s'imprégner lorsqu'on l'assemble avec. Peut-être pour ça que la couleur est totalement pervertie sur ces photos, très bucoliques par ailleurs comme vous pourrez noter (c'est près de la jolie bastide de Montpezat de Quercy où nous avons passé une semaine de nos vacances).

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Modèle : Improvisation autour un point japonais perverti par mes soins
Fil : Lin La Droguerie - Bleu persan - 3 écheveaux de 100g, soit 600 m de fil
Aiguilles : crochet 4 mm

N'est-elle pas adorable ?



C'est le modèle gratuit offert par Classic Elite Yarns dans sa dernière web-letter, Woodland Capelet, tricotée dans un mélange de laine... et d'ortie. Mais non ça ne pique pas le cou !

L'étole dans tous ses états

Bon, on me réclame des photos de l'étole portée. OK, OK, pliée en quatre, ce n'est pas très parlant. Donc après le "Kamasutra du béret", voici celui de l'étole transformable.



Avec mes grimaces en plus, et même mes grosses fesses. Pfff, moi qui croyais que ce jean me flattait, on ne peut vraiment plus se fier à personne ! M'enfin bon, c'est l'étole que vous voulez voir ;-)

Après, si vous voulez un ouvrage encore plus polyvalent (versatile comme disent les anglo-saxonnes, et ça me fait toujours rire, car ce mot n'a pas du tout la même signification en français), vous pouvez opter pour Infinite Loop d'OlgaJazzy, elle est beaucoup plus pro que moi, elle vous a fait une vidéo pour vous montrer toutes les possibilités d'usage de son dernier modèle. Tiens, je pourrais bien l'essayer celui-là... Comment ça, vous en avez marre de mes diaporamas foireux ?

PS : pour les boutons, pas de bol, ils sont un peu petits pour les boutonnières (sur une seule maille, pouvais pas faire moins), et porté en shrug, le haut des manches à tendance à se déboutonner si on gigote un peu trop. Pour faire la belle dans un fauteuil, ça va, mais si vous avez l'intention de l'utiliser en shrug pour aller faire la corvée de supermarché, ou votre gym du matin, vaut mieux voir plus grand.

Une étole transformable

Encore du bleu... mais c'est normal : je n'avais emporté que des fils bleus dans ma valise de vacances.

Je voulais depuis longtemps me faire une étole transformable : idéal à avoir tout le temps sous la main pour se réchauffer les bras, le cou, les épaules de différentes manières. C'est tout simple à faire, juste un rectangle avec des boutonnières. [La Droguerie] avait déjà calculé les dimensions pour moi, et Lily Chin [Ravelry] conçu un système de boutonnage plus complet, qui permet de varier encore davantage l'utilisation de l'étole. J'avais emporté une bible de points, référence indispensable à toute tricoteuse en vacances, et j'ai choisi une fausse torsade en dentelle, suffisamment simple pour ma cervelle d'oiseau, afin de pouvoir tricoter en bavardant ou en regardant un film. Au bout d'un moment, je me suis dit que ce point me rappelait quelque chose, et en vérifiant dans ma "queue" Ravelry au retour des vacancse, je me suis aperçue que c'était le point de l'écharpe Falling Water... que je me suis donc contentée de tricoter en plus grand, compliquant juste un peu la bordure en relevant les mailles pour la tricoter en rond à la fin de l'ouvrage. Elle m'a d'ailleurs valu quelques détricotages, car je n'arrivais jamais à avoir des angles satisfaisants. Bref, comme quoi on n'invente rien !

Le fil était de mon stock (vu les kilos de laine qui envahissent la maison, les achats sont défendus encore pour longtemps), un bébé alpaga acheté en solde l'an dernier je crois, très agréable à tricoter (surtout après la New Bamboo), et qui se comporte bien au blocage. J'espère que le fil ne se détendra pas trop en portant l'ouvrage, tricoté volontairement dans un demi-numéro d'aiguille au dessus des préconisations, pour avoir quelque chose de bien souple.

Voici l'objet plié, vous la verrez portée une autre fois, ce week-end j'avais une mine affreuse (Ah, c'est vrai, mauvaise excuse, puisque je me coupe la tête sur la plupart des photos. Bon, disons que j'avais la flemme d'enfiler la tenue adéquate, j'étais plutôt "down", ce week-end).

EtolePliee_IGP2199

Modèle : Fausse impro, suffit de faire Falling Water aux dimensions de Five-Way Cable Shrug
Fil : Bouton d'Or Baby Alpaga - 100% alpaga - 7 pelotes de 50 g, soit 665 m de fil
Aiguilles : 4,5 mm - circulaire Knitpicks

Comme il fallait pas mal de boutons (15), et que j'avais de la Fimo en stock, je me les suis faits. Je suis assez contente de la couleur, cette fois, j'ai obtenu ce que je voulais, me souvenant que la pâte avait tendance à foncer un peu à la cuisson. J'ai laissé un très léger marbré, qu'on ne voit que de près, mais qui permet de ne pas avoir une couleur complètement uniforme, ce qui colle mieux avec l'esprit du fil. Je trouve ça vraiment "terrible" de pouvoir se faire ses boutons "à la teinte", et puis ça m'amuse nettement plus de patouiller que de courir les merceries pour trouver ce qui va bien.

Pour la forme, je ne me suis pas foulée : mes petits cylindres rituels, irréguliers et pleins de traces de doigts, voire d'entailles d'ongles. Je les ai quand même poncés (au 600 à l'eau pour les curieuses et les techniciennes), surtout pour enlever la trace du support de cuisson. Ensuite, chiffon microfibre et frottage au torchon de coton, ça les satine très légèrement, j'aime bien l'effet.

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Le cardigan Bellevue de Laura Chau

Pendant les vacances, j'aime bien faire un ou deux modèles où je me contente de suivre la fiche : à la fois reposant, et souvent l'occasion d'apprendre de nouvelles techniques.

En général, j'aime bien les modèles de Laura Chau. L'été dernier, j'avais fait son Milkweed shawl, que j'avais trouvé très réussi. Et je cherchais par ailleurs depuis un moment un modèle de cardigan à manches courtes pour utiliser le beau bambou bleu que j'avais en stock depuis les soldes 2008.

Quand j'ai vu sortir la fiche de Laura, je n'ai plus hésité : pourquoi me prendre la tête à inventer un modèle, au risque de le rater, alors que celui là correspondait tellement à mes souhaits : une petite dentelle en bas du corps et des manches, un montage de manches montées (set-in sleeves) sans couture que j'avais envie de tester depuis longtemps.

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Modèle : Bellevue Cardigan, de Laura Chau [également sur Ravelry] - en anglais
Fil : Bouton d'Or New Bamboo - Couleur bleu faïence - 100% viscose de bambou - 10 pelotes de 50 g (475 g exactement), soit envion 800 m de fil
Aiguilles : 3,5 mm - circulaire Knitpicks

Je suis ravie du résultat final, et je l'ai déjà beaucoup porté : cette année, j'avais choisi de mettre beaucoup de bleu, et des robes sans manche dans ma valise de vacances, et il est parfait pour se couvrir les épaules pour dîner en terrasse. Mais je dois reconnaître que j'ai pas mal pesté en le faisant, essentiellement à cause du fil.

Parlons d'abord du modèle : quasiment pas de couture, sauf sous les bras, il est commencé par le bas. J'ai choisi la version manches courtes, et j'ai fait le corps un peu plus long que le modèle.

J'aime bien la dentelle, même si elle m'a donné un peu de fil à retordre, le bambou n'étant pas du tout élastique, c'est une vraie gymnastique pour les doigts que de faire toutes les diminutions requises (en particulier des surjets doubles en mailles envers prises par l'arrière de la boucle, ouf, rien que de l'écrire, ça fait déjà mal). Je me suis fait de la corne au pouce et à l'index de la main gauche à force de pousser sur mes pointes d'aiguilles, et j'ai même réussi à me percer les doigts. Bon, paraît qu'il faut souffrir pour être belle.

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J'étais impatiente de tester le montage de manches montées sans couture, et je ne suis vraiment pas déçue. C'est impeccable, et très agréable à porter, car il n'y a aucune sur-épaisseur. Les épaules sont fermées à 3 aiguilles, techniques que j'utilisais aussi pour la première fois, et qui donne vraiment un excellent résultat, autant sur l'endroit que sur l'envers, où on a seulement une fine chaînette qui s'incruste dans les mailles. En revanche, la hauteur d'emmanchure était un peu petite pour moi, et j'aime mon confort, surtout en été. J'ai donc modifié le rythme des diminutions sur la tête de manche (diminuées maille par maille au lieu de 2 mailles par 2 mailles), ce qui m'a permis de récupérer 8 rangs de circonférence totale sur l'emmanchure.

Bellevue Cardigan_IGP1980

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En revanche, je ne suis jamais arrivée à faire proprement la bordure finale en point mousse : quel que soit le sens dans lequel je relevais mes mailles, et la méthode appliquée (tricotée au relevage ou après), j'avais toujours des trous. Je pense que c'est lié au fait que je fais une maille lisière (je ne tricote pas la dernière maille de chaque rang), je vais poser la question à la créatrice car ce n'est pas explicitement spécifié dans sa fiche, mais j'ai lu ailleurs qu'on avait un meilleur résultat en relevant les mailles sur une lisière où toutes les mailles sont tricotées.

Alors, comme je ne voulais pas gâcher le cardigan par une bordure approximative alors que le reste était nickel, j'ai fini par reprendre une vieille technique, que j'ai très souvent utilisée sur mes créations personnelles : les mailles serrées au crochet, et un rang de point d'écrevisse pour finir. Quand je compare avec les quelque réalisations visibles sur Ravlery, je trouve que ça ne dénature pas le modèle, et cette fois, c'est parfaitement propre (l'embu du crochet étant plus important que celui du tricot, on relève 1 maille pour deux rangs - donc par chaînette latérale quand on fait une maille lisière comme moi -, au lieu de 2 mailles pour 3 rangs).

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Pour finir sur le modèle, deux mots sur la manière dont Laura a construit sa fiche, que je trouve très astucieuse : le nombre de mailles à travailler pour chaque taille, exprimée en tour de poitrine, est rassemblé dans un tableau, et c'est l'utilisatrice qui doit reporter les nombres ad-hoc dans la fiche, grâce à des lettres repères (on peut d'ailleurs le faire directement en éditant son pdf, mais je l'ai fait à la main, car je n'avais pas fait mon échantillon au moment où j'ai imprimé la fiche). Par ailleurs, Laura a réalisé le modèle avec 2 fils différents en épaisseur, et deux ajustements différents. Les anglo saxonnes sont parfaites pour ça : elles l'expriment en "positive" "zero" ou "negative ease", qu'on pourrait traduire par "l'aisance" en français. Le résultat est qu'on a au total 18 mesures différentes pour le tour de poitrine. L'avantage induit, c'est qu'on peut faire son propre bricolage, et y compris substituer très facilement par le fil de son choix, même s'il a des caractéristiques différentes de ceux proposés par la créatrice, sans jamais sortir une calculette.

Concrètement, il suffit de faire son échantillon, puis de le convertir en nombre de mailles nécessaire pour s'ajuster à son tour de poitrine : c'est le seul calcul qu'on fait. Ensuite, on se reporte aux fameux tableaux, et on choisit la forme qu'on veut (j'ai pris le modèle le moins ajusté, je n'ai plus la taille fine des jeunes filles comme Laura), et non plus en fonction du tour de poitrine, mais du nombre de mailles correspondant au résultat de son opération personnelle, et on reporte le nombre de mailles correspondant aux lettres repères dans la fiche. J'ai ainsi utilisé les données d'un modèle théoriquement conçu pour 113 cm de tour de poitrine, alors que le mien n'est que de 95 cm. Sais pas si mes explications sont claires et vous permettent de saisir le génie du truc, mais j'ai trouvé ça super.

Pour terminer ce billet fort copieux, parlons donc un peu du fil. Il a trois qualités essentielles : il donne un point très régulier, la couleur est superbe, pas totalement uniforme, et s'accorde notamment parfaitement avec les jeans, et enfin le fil a un beau tomber, même s'il est un peu lourd, et il se froisse peu lorsqu'on porte le vêtement, ce qui n'est pas toujours évident avec les fibres végétales.

En revanche, je l'ai dit plus haut, il n'a aucune élasticité, et c'est donc assez galère pour les mains de faire de la dentelle avec. Ensuite, et ça m'a mise très en colère sur des pelotes Bouton d'Or, censées appartenir au haut de gamme des fils français : les pelotes sont pleines de nœuds (1, et parfois 2 par pelote). Et comme on ne peut pas faire de joint russe sur ce type de fil, ça signifie qu'on en perd beaucoup si on fait ses changements de fil en début de rang (on est en circulaire sur une seule aiguille, donc les rangs du corps sont très longs), ou il faut en passer par la vieille méthode du dédoublage de fils pour faire les raccords en cours de rang, ce qui oblige ensuite à rentrer les fils (c'est bien la peine de choisir un modèle sans couture !!).

Au blocage, il se comporte bizarrement, et j'ai eu très peur d'avoir abîmé mon travail : lorsqu'il est mouillé, les fibres gonflent (ce qui retire de la définition à la dentelle), se hérissent de petits poils, et perdent leur douce brillance. Ouf, ça revient au séchage, très long en revanche (3 jours en plein été, c'est beaucoup pour un blocage, et encore, j'ai triché sur la fin, je l'ai mis sur un cintre).

Voilà, vous savez tout sur ce modèle et sur ce fil, plus qu'à vous lancer si le cœur vous en dit !

La fiche de Lune Rouge est disponible chez Annette

Au début de l'été, j'ai eu envie d'un châle "demi-lune". J'en avait vu de très jolis au tricot, et je me suis dit que les crocheteuses aussi avaient droit à leur modèle.

A crocheter sur la plage pour le porter tout de suite dans un coton de couleur vive, ou à décliner dans un fil plus douillet, en soie par exemple, pour une version plus habillée à porter en toute saison. Sa bordure, inspirée d'un modèle de 1916, en fait un châle raffiné et... intemporel, mais aussi un modèle amusant à travailler, rapidement réalisé.

LuneRouge_IMGP0083

La fiche est disponible depuis ce matin dans la boutique d'Annette Petavy Design, en français, et en anglais, avec comme toujours un "pas à pas" en photos pour vous faciliter la réalisation.

J'espère que vous l'aimerez, et je suis impatiente de voir vos réalisations.



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