28.8.16

Un peu de couture...


Mon blog se plaint d'être laissé à l'abandon... et je ne peux lui donner tort ! Avant que je me décide à mettre en fiches mes derniers châles au tricot et au crochet, voici un peu de couture pour le consoler :-)

Il y a quelques semaines, après avoir sorti ma vieille MAC (beaucoup plus accessible depuis que j'ai acheté des belles colonnes à tiroirs pour ranger mes pelotes à la place des cartons qui s'empilaient... sur elle) pour faire quelques réparations, notamment refermer mes poufs après un regarnissage de billes de polystyrène, j'ai piqué une colère : elle a, depuis longtemps, un faux contact, que je règle avec une petite cale de carton contre le connecteur. Mais, comme dit l'autre, quand on veut tuer son chien, on l'accuse de la rage !

La vérité était que j'avais envie depuis un moment d'une nouvelle machine. Je n'en ai jamais eue de neuve, et jamais que j'aie choisie moi-même. J'ai d'abord récupéré la vieille Singer de ma grand-mère, machine à pédale électrifiée et installée dans un meuble, que j'ai quand même soigneusement gardée bien qu'elle ne fasse que le point droit : d'abord parce qu'elle est belle (je vous la montrerai un jour, mais pour le moment elle est chez Dino car je n'ai pas la place de la stocker chez moi) et parce que l'entraînement est increvable, et qu'elle accepte des épaisseurs incroyables. Elle a longtemps servi à la maison pour tous les travaux d'ameublement et les ourlets de jeans, devant lesquelles les machines modernes calaient.
Puis j'ai eu ma Singer des années 70, d'occasion, offerte par ma belle-mère, et qui m'a fidèlement servi : c'était le bonheur intégral d'avoir le point zig-zag et la marche arrière. Quand j'avais le temps (et assez de place pour laisser la machine sortie des jours entiers), je m'habillais quasi intégralement... et j'ai fait aussi beaucoup d'ameublement : coussins, poufs, jetés de canapé et autres accessoires du même genre.

Quoi d'étonnant que j'aie, à nouveau, choisi une Singer ? Certes, elles n'ont plus la réputation d'antan. Mais je voulais une machine assez simple (pas électronique), robuste, qui mange du jean, des grosses toiles, voire un peu de cuir, sans broncher, et plutôt que d'aller faire réviser et regraisser ma vieille machine, je m'en suis achetée une neuve... et je ne la regrette pas. Cette fois, c'est l'enfilage automatique de l'aiguille, le bras libre, et la facilité à changer de pied de biche qui font mon ravissement.

Elle n'est pas très jolie....



... mais elle est très vaillante, comme vous allez voir.
Et je l'ai trouvée à un prix défiant toute concurrence chez shopty. Moins de la moitié du prix sur la boutique en ligne de la marque, où elle est vendue sous le nom de Supera, ahem. Service impec, délais de livraison respectés, bref, rien à dire !

Et pour commencer, je lui ai fait manger du jean jusqu'à plus soif. J'avais repéré quelques sacs en jean recyclés sur Pinterest, et j'avais bien envie de m'essayer à l'exercice. Dino, qui est très conservateur, avait une collection de vieux jeans troués, de mémoire il m'en a apporté une dizaine, que j'ai donc commencé à découper soigneusement, et même souvent à découdre, pour récupérer plus de largeur. La manière dont un jean est monté n'a plus de secret pour moi désormais :-)

J'ai commencé par une pochette "plus simple tu meurs" : il suffit de découper le haut d'un jean avec toutes ses poches, recto et verso. J'ai récupéré deux passants de ceinture pour accrocher une bandoulière en sangle récupérée d'une ancienne pochette, et voilà un sac super décontracté idéal pour emporter le minimum : téléphone, clefs, lunettes de soleil, porte monnaie - ou simplement la CB dans la poche ticket - et vous avez les mains libres pour aller faire le marché.



Ensuite, j'ai refais en jean un patron perso (même si inspiré d'une grande marque de sac) que je vous avais montré ici, et un poil plus petit que le précédent.

Tout se récupère dans un jean, même l'étiquette quand elle est en cuir, ou la ceinture, avec son bouton serti, sa boutonnière toute faite, et un passant pour le guidage, qui permettent de fermer le sac.


Au dos, forcément une poche arrière, très pratique pour glisser par exemple son badge de bus.


Et l'intérieur est aussi entièrement récup' : la doublure est un ancien jeté de canapé en toile de coton, dont certaines parties sont bien passées par le soleil.
Le sac a sa collection de poches tout autour, deux passants de ceinture forment des anneaux pour accrocher mes clefs, et deux fermetures de braguette ferment les poches latérales.
Déjà utilisé, il est très agréable à porter, avec ses anses bien larges qui ne scient pas les épaules. J'avais envisagé de l'offrir... mais finalement, j'ai des doutes :-)


Après, j'ai eu envie de tester un patron acheté, histoire de voir si j'allais apprendre des astuces nouvelles... et pour n'avoir qu'à découper directement ma forme, sans cogiter vingt ans pour la mettre au point.

J'ai choisi le modèle Melissa Quilted Bag de Sue Kim, qui propose une large collection de patrons de sacs, tous assez sympas, sur Craftsy et sur IThinkSew (en anglais).
Je l'ai mis à ma sauce, avec une étiquette en cuir à la place du patchwork sur la face avant, et une poche à l'arrière. J'ai également fait le gousset un peu plus large que sur le patron, pour que le sac puisse contenir un peu plus de choses.



Les anses en cuir ont été trouvées sur A little mercerie, dans la boutique de Camelir, qui a le bon goût de les livrer avec les rivets, donc prêtes à poser.


A l'intérieur, deux poches zippées, avec de la fermeture au mètre achetée en rouleau chez Rascol, et les boutonnières d'une braguette recyclées en anneaux à mousquetons (bon, montée un peu à l'arrache, ahem). Fermeture par deux aimants cachés dans les languettes en tissus.


Pour terminer, j'ai adopté une forme bien classique : le sac "seau" (à ceci près qu'il a un fond rectangulaire et non rond ou ovale), et j'ai joué avec les couleurs de jean.

Comme précédemment, l'étiquette du jean vient orner la face avant. Cette fois, la ceinture sert d'anse, piquée entre la doublure et le tissus extérieur,  avec deux rivets de renfort ajoutés à la fin.



A l'arrière, toujours une poche (je sais, je ne me renouvelle pas, mais j'aime bien cette poche arrière).


A l'intérieur, toujours la même toile rayée, un jeu de poches ouvertes au fond du sac, tout autour, deux poches zippées en haut, et toujours le morceau de braguette cousu à l'arrache (avec quand même un petit point de feston qui me plaît bien dans les points fantaisie de ma nouvelle MAC) pour accrocher mes clefs et autres objets. Cette fois, les aimants de fermeture sont cousus sur la doublure.


Voilà donc mes amusements des trois dernières semaines. Pendant la semaine, je cogite mon modèle, un peu chaque soir, et je commence à préparer mes pièces de tissus (je me suis acheté un cutter rotatif, et c'est vraiment super pour couper... même si le jean a l'air d'user les lames assez vite), et je fais mes éventuelles commandes de mercerie. Le week-end, je monte.

Il me reste encore un peu de jean, et j'ai également remis le nez dans mes vieux stocks de tissus : je pense que je vais donc encore faire des sacs et des trousses pour liquider les chutes et les vieux stocks. C'est très amusant à faire, et si j'en ai trop, je sais déjà à qui ils feront plaisir :-)

4 commentaires:

lillicroche a dit…

Wouahhh super ces récup'!! Silencieuse mais travailleuse :-).
Te voilà "ensachée" pour l'hiver en tous cas hihihi.

Olivia3 a dit…

Je suis franchement admirative ... J'adore ces sacs, j'ai des vieux jeans mais je doute arriver à ce résultat. En plus, il y a plein d'idées à repiquer (la bande de boutonnières pour accrocher des mousquetons par exemple)

Tomaticha a dit…

Très astucieux ! Le "rien ne se perd, tout se transforme", j'adore !
Chapeau bas et merci pour votre blog.

Delphine C. a dit…

Bonjour,
De très belles création, suite à une crise nécessaire :) Bravo et tous mes encouragements. Mais aussi merci pour les idées et astuces.

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