2.6.20

J'attaque le jean blanc

Depuis que je fais des sacs en jeans recyclés, toute la famille me donne les vieux jeans, usés ou devenus trop petits pour nous toutes (les fringues femmes circulent de la grand-mère à la petite fille en passant par ma sœur et moi, au fil de l'évolution de nos silhouettes et de nos goûts), et ma sœur partage avec moi ses vieux sacs à main sur lesquels je récupère toute la mercerie (fermetures éclair, anneaux, fermoirs, anses quand elles sont encore en bon état).

J'ai donc un stock de fournitures qui me permet, à l'impromptu, de me lancer dans la fabrication de sacs, addiction qui me reprend régulièrement, et notamment avant la belle saison, moment privilégié pour utiliser des sacs en tissu.

Ce week-end, j'ai commencé à piocher dans le stock de jeans blancs, que je n'avais pas encore attaqué, pour faire un premier sac d'été. Après de longues consultations de modèles divers et variés, j'ai choisi de m'inspirer de deux modèles qui m'avaient tapé dans l’œil, les sacs "seau" de Cristina Orozco, et un sac dédié aux tricoteuses, qu'on peut porter à l'épaule ou sur le dos grâce à un astucieux système d'anse double passée dans un anneau textile, qui permet aussi de fermer le sac. 

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L'utilisation du wax en petites touches sur des fonds unis donne toujours des résultats intéressants. Ici, ma bande verticale est issue d'une chute de coupe d'un pantalon, que je vous montrerai sans doute bientôt.

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Les anses sont aussi en wax, en 4 épaisseurs renforcées par une bande d'entoilage perforée, destinée en principe aux ceintures de jupes, mais qui fonctionne très bien pour faire des anses de sacs.

Au dos du sac, j'ai inséré une poche à fermeture éclair : je trouve toujours ça très pratique d'avoir une poche extérieure qui ferme, pour mettre son téléphone et/ou une carte de transport, qu'on peut passer devant les machines de validation sans ouvrir son sac.

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L'intérieur est doublé du même wax, avec mon classique anneau à clef (pas super bien posé parce que je l'avais oublié dans ma gamme de montage), une poche à fermeture éclair en haut du sac (en face de la poche externe), et 7 poches plaquées ouvertes tout autour du fond du sac, très pratiques pour y glisser étui à lunettes, parapluie, mouchoirs, et autre bazar qu'on trimballe dans son sac.

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J'ai encore des progrès à faire sur la régularité de mes surpiqûres.
Mais cela n'empêchera pas ce sac d'être solide et fonctionnel, et je pense que ce sera mon sac de l'été... d'autant que je suis en train de me faire une collection de vêtements d'été en wax, et ce sera donc très cohérent.

Quant au jean blanc, il m'en reste (je n'ai utilisé que 2 jambes de pantalon, et encore partiellement, pour faire celui-ci), et j'ai déjà quelques idées pour d'autres sacs, car je trouve que c'est très joli pour l'été. L'appartement reste pour le moment en mode "atelier", avec la MAC sur mon bureau, la planche à repasser dans le salon, des coupons sur le canapé et plein de chutes de fil sur le plancher (parce qu'avant de pouvoir utiliser la matière des jeans, il faut commencer par défaire toutes les coutures, ce qui n'est pas une sinécure... Il faut s'armer de patience et d'un bon livre audio, et prévoir le coup d'aspirateur à la fin).

30.5.20

Poids de couture

Comme je me suis remise à coudre (quand je serai un peu moins hirsute, je ferai des photos, promis), j'ai eu envie d'avoir des poids de couture. C'est très pratique pour caler son patron sur le tissu avant d'en dessiner les contours, et même si ça n'évite pas tous les épinglages, ça simplifie bien le travail.

Béatrice nous a récemment montré ses palets, objets que j'avais déjà vus utilisés pour cet usage... dont les prix m'ont rapidement dissuadée d'en acquérir. Mais Béa m'a judicieusement orientée vers le tuto vidéo de Vlogmas pour s'en fabriquer, sous la forme de petites pyramides de tissus qu'on garnit avec ce que l'on veut. Vanessa y met des noyaux de cerise. Moi, j'avais au fond d'un sac des graines de lin, achetées à l'époque pour faire des chaufferettes, projet resté finalement lettre morte. Je me suis dit que ça ferait bien l'affaire : depuis 6 ans qu'elles sont au fond d'un sac de laine, les mites n'y ont pas touché. Leur faible épaisseur et leur écorce bien lisse et brillante fait qu'elles s'empilent sans quasiment laisser d'interstices entre elles, ce qui permet d'obtenir une bonne densité de garnissage et un poids correct (environ 100g par pyramide de 12 cm de côté), le tout sans jamais abîmer le tissu sur lequel vous les posez, ni vous tirer des cris si elles vous tombent sur le pied. Last but not least, elles ont une délicieuse odeur de foin coupé qui s'exhale discrètement quand on les manipule.

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J'utilise un patron beaucoup plus simple encore que celui de Vanessa pour faire des pyramides. Pour obtenir la même taille qu'elle, je me contente de découper un rectangle de 24 cm x 12 cm (si vous voulez modifier la taille, il faut prévoir d'avoir largeur = hauteur x 2).

Plier le rectangle endroit contre endroit, piquer sur 2 côtés à 1,5 cm du bord, puis dégarnir les angles.

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Ouvrir les coutures à l'ongle, retourner, ressortir les angles (une grosse aiguille à tricoter en bambou est parfaite pour cet usage), et remplier d'1 cm vers l'intérieur de la housse sur l'ouverture. Repasser.

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Fermer l'ouverture en alignant la couture latérale et le pli qui lui fait face, et épingler : c'est le milieu de votre couture de fermeture, qui sera donc perpendiculaire à la couture du fond. Votre pyramide est formée.

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Comme je suis une fainéante et une pressée, je ferme mes pyramides à la machine. Je fais donc la moitié de la couture avant de garnir de graines de lin : ça limite les risques d'en remplir votre boîtier à canette.

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Il ne reste plus qu'à remplir, pas à ras bord (je laisse environ deux doigts de tissus entre le bord libre et la partie remplie), et de fermer à la machine avec un pied à fermeture éclair.
Les puristes peuvent évidemment fermer à la main comme le propose Vanessa, en faisant dans ce cas un rempli de 1,5 cm avant de fermer : cela évite la petite bordure de tissus le long de la couture, qui personnellement ne me gêne pas plus que ça.

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Et voici mon petit Kheops, taillé dans les chutes de mes dernières coutures (oui oui, je vous les montrerai bientôt, si vous êtes sage). Me voilà prête pour de nouvelles cousettes !

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5.4.20

Atelier masques !

Évidemment, rien d'original dans mes fabrications du week-end : je pense que nous sommes des millions de couturières et couturiers à fabriquer des masques en tissus dans nos appartements, et pour certains dans leurs usines, reconverties à l'arrache pour aider nos soignants.

Je me suis beaucoup interrogée sur l'intérêt de fabriquer des masques en tissu, notamment à cause des discours officiels sur le sujet, qui nous décourageaient d'en porter, allant jusqu'à nous dire que c'était contre-productif voire dangereux, et en tous cas inutile de porter un masque si on n'était pas soignant ou atteint du covid-19.

Avec le recul, et beaucoup de lectures, j'en suis arrivée à la conclusion que les seules motivations, au demeurant criminelles, de ces discours, c'est que la France manque de masques, par une inqualifiable imprévoyance d’État, et que nos gouvernants nous voient comme des idiots et des égoïstes. Idiots qui ne seraient pas capables de comprendre la différence entre se protéger et protéger les autres, égoïstes qui ne prendraient pas la peine de mettre un masque si cela sert surtout à protéger... les autres.

La vidéo #Mask4all explique parfaitement comment, si nous portons tous des masques, nous limitons fortement la propagation du virus, notamment de la part des porteurs sans symptômes qui, en l'absence de tests massifs, ne savent pas qu'ils ou elles sont contagieux. Porter un masque quand on sort, ce n'est pas se protéger, mais faire un acte de civisme qui nous protège collectivement.



Précisons que j'ai découvert cette vidéo grâce à un remarquable billet de blog dans Mediapart, qui explique la stratégie des Tchèques pour lutter contre l'épidémie, et démonte au passage une "fake-news" colportée par les grands médias sur un soi-disant vol de masques destinés à l'Italie par les autorités tchèques.

Ajoutons que la semaine dernière, l'AFNOR, autorité de certification française officielle, a publié une norme, offerte gratuitement avec deux patrons, pour la fabrication de masques artisanaux en tissu.  Enfin, s'il m'en restait encore, cette vidéo d'un médecin du travail et ancien médecin du service de santé des armées, a achevé de balayer mes doutes.

Oui, porter un masque est utile. Particulièrement si tout le monde en porte.
Notons que le port du masque s'ajoute aux autres mesures barrière et ne les remplace pas. Il en renforce simplement l'efficacité.

Edit du lundi 6 avrilun  papier de Libé découvert en prenant mon café ce matin, qui confirme l'opinion que je m'étais faite, sans même avoir vu passer l'avis de l'Académie de médecine. Je suis rassurée sur mes capacités de discernement en période de crise.

Ce week-end, j'ai donc sorti la MAC et mes tissus.
Je vous préviens, mes masques ne sont pas forcément très esthétiques, ni très bien finis d'ailleurs. Mais pour cette première mini série, mon objectif était de tester 4 modèles de masque sous deux angles :
  • simplicité de réalisation,
  • confort au porter.
La simplicité de réalisation est essentielle : un masque en tissu, qui joue le même rôle qu'un masque chirurgical, c'est à dire éviter de transmettre virus et bactéries quand on tousse, éternue, postillonne..., doit être changé toutes les 4 heures. Si d'aventure nous devons aller travailler avec dans un avenir proche, en comptant les temps de transport, il en faudra jusqu'à 3 par jour. Je vous laisse faire vos calculs, mais on voit tout de suite qu'il nous en faudra davantage que de paires de chaussettes pour tenir la semaine :-)

Je voulais également que mes masques passent à la machine à 60° (recommandation de l'AFNOR). Ils sont donc forcément en coton, et avec des liens à nouer, en coton eux-aussi, parce que les élastiques, à 60°, ils ne vont pas résister longtemps, et ce n'est pas forcément très confortable à porter.

J'ai donc adapté les modèles choisis pour y passer un lien à la manière de Craft-Passion, qui utilise un lacet, ce qui est assez astucieux. Comme je n'en avais pas sous la main, j'ai fabriqué du biais maison dans une housse de couette en coton que je venais de mettre "hors circuit", car elle commençait à se déchirer le long des coutures.

Sur la base des préconisations de l'AFNOR, je n'ai pas prévu d'insérer de filtre dans mes masques. Ils ont simplement double ou triple épaisseur de tissus selon les matériaux employés.

Voici mes essais.



Modèle : Craft Passion (il a été abondamment relayé dans les médias français, le CHU de Grenoble l'ayant proposé lorsqu'il a fait appel aux couturières bénévoles pour équiper ses personnels non soignants - Cependant, depuis, les masques avec une couture médiane verticale sont déconseillés)
Tissus : jean recyclé pour l'extérieur, toile de coton (housse de couette) pour l'intérieur

Pas le plus facile à faire (coutures en courbe et crantage), mais pas insurmontable non plus pour une couturière moyenne comme moi.

Je l'ai essayé avec et sans barrette nasale, mais j'ai toujours de la buée sur les lunettes. S'il est sympa côté esthétique, il n'est pas très bien adapté à ma morphologie, et a tendance à me glisser sur le nez. Enfin, je le trouve un peu oppressant pour respirer.




Modèle : Norme AFNOR, bec de canard
Tissus : jean recyclé pour l'extérieur, toile de coton (housse de couette) pour l'intérieur

Facile et rapide à faire, peut-être le plus facile de ceux que j'ai testés. En revanche, je le trouve un poil petit, même pour moi (pour Dino n'en parlons pas). Peut-être parce que la toile de jean est assez rigide et ne s'étire pas (sur la photo de la norme AFNOR, on a l'impression qu'ils ont utilisé un textile plus souple).
Plutôt confortable, un peu bizarre esthétiquement (mais bon, on va tous avoir des drôles de look ces temps-ci), n'empêche pas de respirer et n'altère pas trop la voix non plus.
J'en referai peut-être en agrandissant légèrement le patron, ou en changeant de tissu.



Modèle : Norme AFNOR, masque à plis
Tissu : 3 épaisseurs de toile de coton (housse de couette)

Sans doute le plus facile de tous à réaliser : la base est un rectangle avec 2 plis. J'ai ajouté une gorge sur les côtés pour coulisser mon lien.
Il est assez confortable à porter, mais, pour être bien ajusté sous le menton, nécessite de nouer le lien en haut de la tête - alors que pour les deux précédents, on noue dans la nuque. Vous me direz, le week-end prochain, c'est Pâques, et ce sera donc tout à fait dans le ton.
Si je compare avec le dernier testé, je me dis qu'on pourrait peut-être arranger les choses en le faisant un peu plus haut.



Modèle : copie de masque chirurgical. J'ai utilisé les dimensions du tuto de Douce Parenthèse, un peu plus haut que celui de Makerist, sur le même principe
Tissus : 3 épaisseurs de toile de coton (housse de couette)

Le type de plis est un peu plus casse-pied à faire (notamment parce qu'avec mes trois épaisseurs de drap, les épingler est un challenge, va falloir que je m'achète des pinces), et j'ai modifié les côtés, pour faire une gorge permettant de coulisser mon lien.
Assurément le plus couvrant, il fonctionne pour moi comme pour Dino, et ne baille pas sous le cou même avec le lien noué sur la nuque.
Revers de la médaille : je le trouve un peu oppressant à porter. Et si je ne mets que deux épaisseurs de tissus, pas sûre que ce soit suffisant.

J'avais aussi envie de tester celui de Catherine Boutten, simplissime à faire et qui doit bien fonctionner puisque les fronces réalisées à l'aide du lien jouent le même rôle que les plis. Mais je ne suis pas parvenue à trouver le tuto complet avec notamment les dimensions et les étoffes utilisées.

Edit du dimanche soir : deux articles de blog intéressants d'une ingénieure textile qui est aussi couturière pendant ses loisirs :
En relisant bien ses billets, les specs AFNOR, et après quelques furetages complémentaires, je pense que le 3 plis en 2 épaisseurs de toile de coton devrait fonctionner. Et pour simplifier la confection des gorges pour passer mon lien, je ferai l'extérieur du masque plus large, comme dans ce tuto.

A suivre donc...

Et vous, vous avez fabriqué des masques ?
N'hésitez pas à partager vos meilleures expériences et vos liens vers des patrons en commentaires !

22.2.20

Dentelle, rayures et tourbillons : une écharpe au crochet

Je continue à jouer avec le fil dentelle de Renaissance Dyeing. La palette de couleurs végétales (près de 100) permet des variations infinies, et avec un crochet de 3 mm, ça monte somme toute assez vite.

Surtout, on obtient un résultat très doux et très léger, particulièrement agréable à porter. Quant aux couleurs artisanales d'Andie, je ne les glorifierai jamais assez : vivantes, profondes, elles sont tout simplement magiques.

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La Whirl scarf est travaillée en deux temps : d'abord le fond bleu indigo, travaillé dans le sens de la longueur avec un point dentelle très simple qu'on crochète sans y penser.

Les rayures sont travaillées par dessus, dans les rangs ajourés, ce qui les rend visibles des deux côtés de l'écharpe. Je leur ai ajouté des tourbillons, très amusants à faire, qui permettent en outre de cacher facilement les fils à la fin de l'ouvrage.

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Dans mon prototype, j'ai utilisé des restes de fils. Avec un grand écheveau de fil dentelle, on peut faire une écharpe plus large pour la transformer en étole. Et il suffit d'une échevette de 25m pour faire une rayure : on peut ainsi varier à l'infini les combinaisons de couleurs.

Bref, un ouvrage amusant et facile à emporter partout avec soi, qui donne envie d'en recommencer une autre dès qu'on l'a terminée. Elle vous plaît ?

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Modèle : [Whirl scarf] - Fiche et kit chez Renaissance Dyeing (en français et en anglais)
Fil : Lace weight merinos de Renaissance Dyeing - 1 grand écheveau (100g/1190m) + 10 échevettes de 25m pour les rayures (ou 1 écheveau de 22g/250m pour des rayures d'une seule couleur)
Crochet : 3 mm
+ de photos

10.2.20

Un châle au crochet pour préparer le printemps

J'aime bien les modèles simples, qu'on peut travailler sans se prendre la tête et  modifier sans faire de calculs compliqués.

Blue Song est basé sur ce principe : un motif central simple et classique, 2 bordures, et 2 propositions, en blocs dégradés ou en rayures, vous permettent de créer votre combinaison personnelle pour adapter le châle à vos envies. 

Les explications sont données en grilles et en explications écrites, pour répondre aux préférences de chacune.

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La version bambou dentelle utilise 3 pelotes de fil (900 m), dans un dégradé de bleus et une bordure "plumes", qui danse au gré de vos mouvements et donne une forme plus incurvée au modèle.

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La version laine et soie met l'accent sur la matière, précieuse et douce, avec une bordure plus discrète, qui s'adaptera bien à tous les jeux de rayures. Elle utilise 2 pelotes de fil (800m), dont vous pourrez choisir les teintes dans 3 gammes de couleurs : London, Beth Chatto et Covent Garden, que vous pouvez mixer pour construire votre assemblage, les trois gammes étant teintes sur la même base de fil. Les teintures artisanales, tout en reflets subtils, donnent de la vie aux couleurs.

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Modèle : [Blue Song] - Fiche explicative et kits de fils chez Annette Petavy Design (en français et en anglais)
Fil :
- version 1 : 3 pelotes (300m/50g) de Bambou dentelle Annette Petavy design
- version 2 : 2 pelotes (400m/50g) de laine & soie London, Beth Chatto ou Covent Garden
Crochet : 3 mm

Alors, de quelles couleurs sera le vôtre ? 

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